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________[---L'extension---]______________________________"Je" est un autre, "on" est un con June 02 Myspace vs msn vs facebookUn message aux dernier(e)s habitués qui èrent encore de temps en temps par ici:
Comme je suis musicien, on me dit tout le temps, sur le même ton halluciné me donnant l'impression d'avoir transgressé, te un barbare sans vergogne, les lois élémentaires de l'esprit commun: "Mais pourquoi tu fais pas un myspace?!!!"
Ben voilà:
Merci encore pour vos visites
Amicalement
May 07 Lyon (côtes du Rhône, côtes de porcs)
La foule suintait le long du fleuve, S’exerçant sans effort Au mépris usuel.
Le soleil sale Crachait en biais, Dévoilant à mes yeux fatigués Le morne relief Des océans de haines indifférentes Et sans mystère.
Perdu l’ozone Et tout m’atteint, Je survole la zone Dans le lointain.
J’avance nu dans la lumière…
Baigne mon corps dans la douleur, Je vous retrouve, Au confluant du genre humain.
December 09 HommageHow to disappear completely
That there, that's not me
I go where I please I walk through walls I float down the Liffey I'm not here This isn't happening I'm not here, I'm not here In a little while I'll be gone The moment's already passed Yeah, it's gone I'm not here This isn't happening I'm not here, I'm not here Strobe lights and blown speakers Fireworks and hurricanes I'm not here This isn't happening I'm not here, I'm not here.... Les séquences troubles A la périphérie
circulent
les lignes de code
erronées
De petites briques instables
et mal paramétrées
Elles
sont fantôme matriciel
Elles sont expérience du vide
Elles sont le souffle silencieux de la bombe
May 11 Karma zeroNous parcourons la Nuit, en désespoir de cause,
et de poésie...
Nous parcourons l'abîme, exhibant notre âme tatouée de morose froid et vaniteux, écorchée de mille rien.
Mais comme l'abîme est loin, encore...
Aussi Nous fréquentons la cime; Dans l'ombre des chiens, Nous écoutons Chopin.
Toujours les portes closes des théâtres, et de toutes choses...
Libérez les saints! Les bouddhas éternels!
Car
c'est dans le creux de l'emphase que gît notre malheur,
Nous, orphelins du sacré, des horizons salés.
Ou Gloire aux nombres! Au zéro! A ses multiples!
Dieu, Comme les ombres sont agiles, Comme les miroirs sont dociles.
L'homme s'étend, à contre-temps.
Il est laid, et fébrile. September 29 Moi et le prix Renaudot En sortant du lycée, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie (et on ne peut pas dire que mon opinion ait subie de mutation majeure la dessus...). Du coup, j'ai fait comme tous ceux qui ne savent pas quoi faire: je me suis inscrit à la Fac. De lettres, cela va sans dire. Faut pas déconner...
Belles perspectives ... enchaîner les pétards dans un appart sponsorisé par nos amies les bourses pleines et pôpa-môman à distance, loin loin du range-tes-chaussures-te-couche-pas-trop-tard-mange-pas-tous-les-gâteaux-fais-ta-chambre-c'est-quoi-ce-relevé-de-note?-sort-le-chien-pourquoi-t'as-les-yeux-comme-des-comètes?-débarrasse-la-table-avant-de-sortir-arrete-de-fait-pas-décéder-grand-maman-à-répétition-au-lycée-comme-ca-ca-va-finir-par-se-voir...bref, loin de toute forme de construction verbale interro/impérative. Liberté, émancipation, jouissance...après 3 ans d'incarcération dans une institution aussi merdique qu'un établissement scolaire français, c'est le moins qu'on soit en droit d'attendre(le pire je crois, c'est que mes co-détenus n'étaient même pas au courant de leur condition et pire, semblaient vénérer leurs geôliers comme des vaches sacrées...syndrôme de stockholm?...Peu de chances...).
Pas grand chose à en dire de la Fac... une densité formidable de glandeurs vaguement cultivés (de moins en moins), sensibles, souvent très engagés politiquement (à l'époque, j'avais écrit une nouvelle intitulée "Mickael Moore est un con, et je t'emmerde"... très fin...je me suis fait des potes...terrible....j'en rigole encore), et surtout frappés de l'incapacité pathologique d'émettre ne serait ce qu'un embryon d'idée par eux mêmes. En clair, une turbine de production massive de fonctionnaires (Douceuh fraaanceuuuh....).
Bon...toujours est il qu'une fois, je débarque dans un cours à la bourre (bordel sans nom des plannings de la fac + petit chaos perso portatif exportable + dose massive de stupéfiants = effet susmentionné), me demandant comme à peu près à chaque instant de mon existence, en tous lieux et en tous temps, ce que je peux bien foutre ici à ce moment précis. La petite salle est bondée, ca papote gentiment, sans doute sur la couche d'ozone, Israël ou la difficulté d'ouvrir un pot de nutella sans s'en mettre plein les doigts... Un type entre dans la salle, lunettes noires, l'air un peu géné...il assume mal les lunettes je crois..."-je les enlève?...je les garde?...si je les enlève là ca fait le mec qu'assume pas de s'la péter...ouais mais en même temps si j'les garde je la joue rock star sur le retour...d'autant qu'on est à Nancy-Lorraine et que niveau rock star, c'est pas Manchester....putain je fais quoi?!!". Après trente secondes de délibération interne, Mr Claudel (il prétend s'appeller Mr Claudel, je le crois...j'ai envie de lui faire confiance...j'aime bien les gens hésitants, je trouve que c'est plutôt un signe d'intelligence, et les certitudes m'effraient un peu, mon chaos et moi nous sentons diminués...) finit par retirer ses lunettes.
J'apprends une fois l'appel terminé pourquoi tous ces gens et moi même sommes réunis dans cette salle trop étroite...Il s'avère que c'est un TD de littérature! Ouais!... et, mon nom figurant sur la liste, j'en déduis que je me suis bien inscrit à ce cours pour le semestre. Je me laisse griser un instant par l'orgueil d'avoir accompli correctement les formalités d'inscription... (il est doux le domaine de la norme).
Le cours se passe tranquillement, Mr Black/Claudel lit quelques textes d'élèves rédigés durant le cours précédent (j'ai donc raté au moins un cours...retour forcé à l'humilité... je me disais aussi...), conclut en faisant remarquer que bon, ben c'est quand meme pas terrible tout ca... Nous sommes d'accord, c'est un bon début. L'heure tourne, et ca tourne un peu en rond... Il nous propose d'ecrire un truc en nous inspirant d'un diaporama photo sur la situation en Roumanie...ca me va. Je fais mon truc, la sonnerie retentit, je rends mon texte et on se quitte la dessus.
Je me relis là et je me rends bien compte que je digresse comme un Van Damme sous acide (ca marche aussi avec Francis Huster ou Christine Angot, c'est selon...) mais encore un instant, c'est là que ca devient intéressant.
En rentrant chez moi, je m'arrête comme souvent, à la Fnac histoire de... je vadrouille, tate la matière...10/18...un peu de SF...et là...qui que c'est que je vois sur les têtes de gondole de ma fnac de quartier? hein?! Je vous le donne en mille: Mr lunettes noires boogie style rebelle (je maîtrise mes effets comme un chef...). C'est une vraie star du livre francais...Une mine de poète qu'il a sur la photo...tourmenté et maudit (sans quoi t'es pas vraiment un poète, tu fais des vers, c'est tout), et moi je le trouve beau. De toute facon le mec est assez charismatique dans la vie...mais là...la classe Monsieur Claudel. J'apprends qu'on l'a gratifié du prix renaudot... "Les âmes grises" que ca s'appelle. Ca me fait 10 minutes...et puis j'oublie, ca comme le reste.
Une semaine plus tard, même topo: en retard, nutella, lunettes noires, lectures de textes... Ou bout d'un moment, je me rends compte que mon texte (je le reconnais mon texte, je suis le seul à trimbaler mes feuilles et mon bic dans ma poche, si bien que le papier est froissé...je culpabilise un peu mais ca reste tolérable) se trouve en bout de file et que la lecture de Monsieur prix Renaudot (ben ouais, ca mérite une promotion... Céline l'a eu aussi, ca a de la gueule...enfin, c'est ce que se dit mon cerveau enfumé de l'époque) va finir par mon papier chiffonné. Là, faut être honnête: j'en mène pas large. L'euphémisme... "Les battements de mon coeur raisonnent dans chaques recoins de cette salle merdique" serait en fait plus approprié... Je n'ai jamais fait lire quoique ce soit à personne, me tape des crises d'angoisse démentielles pour rien dès que je fume (la dessus, ca a heureusement changé), je suis stone comme jamais (il est 11 h du mat.) et ce mec là, c'est l'institution...il s'apprete à lire ma production, un bout de moi devant la petite assemblée... Je tente de maîtriser parkinson sans grand succès...j'ai l'impression d'être sur mode vibreur version mega-convulsion...le 4ème âge dans un shaker diablique...jette un coup d'oeil au tour de moi. Personne ne semble avoir remarqué...
A ce moment là, au plus fort de mon agonie, il s'arrête sur mon texte, un petit sourire aux lèvres...
- Bon...je voulais vous lire quelque chose que j'ai aimé (ok mais bon Dieu: ENCHAINE!)...euh...c'est...enfin, je vais vous le lire, vous verrez.... alors l'écriture n'est pas très facile à déchiffrer (tu m'étonnes) mais je vais tenter de le faire correctement.
Il se penche encore sur le texte...laisse filer une bonne demi-douzaine d'eternités... Je m'apprète à décéder sous les yeux endormis de 40 étudiants bien tranquilles dans leur froc...encore un petite demi-douzaine pour la route...
Il lit.
Je passe les détails... un petit enfer...un enfer de mec ravagé...complétement défoncé.
Bon...depuis j'ai revu le bonhome une fois à la télévision, chez Patrick Poivre d'arvor (c'était un peu bizarre de le voir en face de PPD...Houellebecq aussi était là d'ailleurs...ils avaient tous l'air de s'ennuyer...normal...). Et puis ce texte, je l'ai encore dans mes papiers. Rétrospectivement, je ne comprends pas bien pourquoi il a trouvé ca bon. D'ailleurs, je pense que lui aussi se le demanderait aujourd'hui. N'empêche...quand je me demande si ce que je fais vaut quelque chose (soyons honnêtes, ca n'arrive pas bien souvent, l'écriture ne prenant malheureusement pour l'instant pas assez d'importance chez moi pour ce genre de questionnement) et comme je n'ai personne à qui demander conseil puisque je ne fréquente pas de "littéraires", je repense à son petit commentaire en haut de ma feuille froissée (je ai relu le texte une fois depuis, insupportable...), le commentaire de Mr Prix Renaudot, le commentaire de l'institution à l'autodidacte... "Je trouve que c'est un très beau texte !"
J'ai beau me dire que c'est idiot, étant donné tout le bien que je pense de l'institution en littérature...Mais bon, il m'arrive d'y repenser, ca me rassure, voilà... Alors merci Mr Renaudot, vous êtes un peu mon placebo perso.
![]() Mr Renaudot (Alias Philippe Claudel) September 13 La voie des steppesBâtir des mondes
suspendus,
des éternités de silence.
L'humanité réunie,
se glisser dans l'absence.
Paix!
Aux abords de l'époque, justifiant mon forfait:
"J'ai dû mal comprendre...
toujours dégoulinent les flux
sales et idiots"
Empiler des possibles,
des labyrinthes
de "si".
Consciencieux pénitent,
pratiquer l'existence.
En l'absence de toute mort,
il n'y a pas de vie.
July 09 La demoiselle de MalakoffSilhouette frémissante au sommet de la butte, petits pas hésitants, effleurants le pavé, les yeux rivés aux miens, malgré les gens, la lutte elle transportait son tout dans le vide enclavé.
Jeune fille égarée dans la rouge pigalle, elle traversait sans bruit les clinquantes lumières; comme un violon qui pleure au milieu des cymbales, son âme a murmuré quelque chose à la sphère.
Poupée de cristal au petit corps mélodieux, marchant à mes côtés dans les ombres rampantes... Au fin fond de la Nuit, d'étranges notes bleues soudain ont émané de tes cordes vibrantes. June 25 Chevaucher la Nuit comme un cheval sauvageIl était tard, et la page blanche se faisait sardonique ma prose avait la grâce d'un étron sous un soleil de plomb
nos coeurs craquelés comme des terres arides se languissaient de futurs improbables
orage dans l'air fusée de lumière, rapide comme l'éclair
la terre me faisait l'effet d'un atome vide froid et idiot, au tour d'un centre chaud
frappé de démence à la source le grand, grand Architecte
Tectonique des âmes en suspens... fracturé le halo des anges
Leurs ailes maculées baignent dans la fange
Et moi le clown au goût de fer Et nous, les amants des photons connerie nucléaire...
Tous enfants de l'hiver, incrédules petits avortons chérissions notre enfer
jusqu'à la lie notre poison, petite, infime damnation. |
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